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Stress et douleur Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Les recherches récentes montrent l’existence d’interactions permanentes entre le système immunitaire et le système nerveux.

 

Le stress est désormais reconnu comme un facteur aggravant, sinon déclenchant, de nombreuses pathologies. Si son effet néfaste était classiquement admis dans les troubles du comportement (boulimie, anorexie, tabagisme...), son rôle dans les processus immunologiques ou dans la perception douloureuse n’a été compris que très récemment.

 

 

 

Le stress, réaction de défense naturelle de l’organisme, est bénéfique lorsqu’il est limité dans le temps et suivi d’une phase de ”décompression” : un repos psychologique et physique. Le stress intervenant d’une façon globale sur le système nerveux et le système neuroendocrinien (sécrétion d’adrénaline, d’endorphine, augmentation de la glycémie, inhibition des lymphocytes...), c’est toute la balance hormonale et psychique qui se trouve perturbée. Si le stress perdure, l’organisme surstimulé en permanence s’épuise, et ne parvient plus à rétablir l’équilibre. 


Le système immunitaire est inhibé, le sommeil perturbé ; la fatigue augmente, et le risque infectieux également. En présence d’autres facteurs individuels de fragilité, une pathologie peut se déclarer ou se trouver amplifiée.

réactions en chaîne

Des plus “banales” : les gens stressés ont davantage de caries ; les étudiants attrapent plus de rhume à l’approche des examens,
aux plus graves : baisse du taux de survie pour certaines affections lourdes, inhibition progressive du mécanisme de régulation de la douleur chez les malades atteints de fibromyalgie,
les conséquences sont nombreuses car tous les organes peuvent être touchés par le déséquilibre global de l’organisme induit par le stress.  


En 1999, le colloque “stress et immunité” de l’INSERM étudiait ainsi trois grandes catégories de répercussions sur  l’organisme :

          •  affectives
- anxiété
- hostilité, colère, violence
- anhédonie (perte de la capacité à ressentir des émotions positives)[...]
- tristesse, perte d’espoir, démoralisation, détresse        

•  troubles psychologiques et psychiatriques  

- fatigue chronique, syndrome d’épuisement
- neurasthénie, dépressivité, dépression [...]
- pensées intrusives, insomnie, dissociation,
- alcoolisme, boulimie, PTSD (syndrome de stress post traumatique)         

 •  troubles somatiques (déclenchement ou évolution)

- fatigue, céphalée
- asthme, arthrite rhumatoïde, eczéma, diabète, lupus, ulcère duodénal, stérilité
- SIDA
- cancer (sein, mélanome), fibrome
- maladie cardiovasculaire
- migraine, épilepsie, Parkinson, fatigue


“ L’idée que le stress rend malade et que l’espoir peut guérir a constitué une partie de la culture populaire pendant des milliers d’années. Du fait peut-être de cet enracinement populaire, l’idée que les maladies puissent être affectées par les émotions a longtemps été rejetée par la plupart des scientifiques [...]
 La neuroimmunomodulation, la science des connexions entre l’esprit et le corps, étudie la relation cerveau-immunité. Elle réalise le mariage entre la culture populaire et les avancées technologiques à travers de nombreuses disciplines, depuis le niveau moléculaire jusqu’à celui des systèmes en interaction. C’est le retour à la conception globale corps-esprit d’Hippocrate [...] Cette science aidera les médecins et les scientifiques à croire leurs patients quand ils disent que le stress les rend malades et que l’espoir les fait aller mieux...”
 

Dr. Esther M. Sternberg
Directrice du service d’immunologie neuroendocrine au National Institute of Health, Maryland (USA)
Brain-immune connection in health and disease, colloque “stress et immunité” 1999.

 
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